forum de Erdnaxel


    Le grand secret de l'islam

    Partagez
    avatar
    Erdnaxel
    Admin

    Messages : 208
    Date d'inscription : 20/11/2016

    Le grand secret de l'islam

    Message par Erdnaxel le Dim 20 Nov - 16:06


    Olaf - En collaboration avec le Père Edouard-Marie Gallez

    Rencontre avec le père Edouard-Marie Gallez :
    Consultant, journaliste, blogueur et passionné d'histoire, Olaf a rencontré l'islam comme beaucoup de monde par l'entremise de collègues et amis musulmans. Il a toujours été intrigué par cette religion, et par le discours qu'elle portait sur ses origines. C'est ainsi qu'après l'achat de son premier coran, au fil d'années de lectures, de conférences et de rencontres est venue celle du Père Edouard-Marie Gallez, un spécialiste de la question des origines de l'islam.

    En travaillant avec lui, il a découvert que les chercheurs ont récemment révélé une tout autre histoire que ce que croient le grand public et les musulmans eux-mêmes : l'islam a caché et oublié son "grand secret", celui de ses origines réelles, pour se donner le visage qu'on lui connaît aujourd'hui. Cette religion n’est pas le simple fruit de la prédication de Mahomet mais celui d’un processus historique long et complexe, ancré dans les traditions juives, transformé par des idées chrétiennes déviantes et manipulé par les premiers califes.


    avatar
    Erdnaxel
    Admin

    Messages : 208
    Date d'inscription : 20/11/2016

    Re: Le grand secret de l'islam

    Message par Erdnaxel le Dim 20 Nov - 17:16

    Préambule
    Que dit l'islam de lui-même?
    ...ou l'histoire sainte de l'islam selon l'historiographie musulmane

    Muhammad

    Il y aurait eu dans l’Arabie du 6ème siècle après Jésus Christ, dans le Hedjaz (le sud-ouest de l’actuelle Arabie Saoudite, sa partie riveraine de la Mer Rouge) un peuple de nomades, de commerçants et de guerriers, les Arabes. Ils auraient été les descendants d’Abraham (l’Abraham de la Bible) par son fils Ismaël, qu’Abraham eut dans des temps immémoriaux avec sa servante Agar. Selon l’histoire musulmane, ils vivaient selon un système de clans et de tribus, avaient pour religion une sorte de polythéisme mal connu, des cultes païens anciens, et obéissaient à des coutumes rustiques – par exemple, ils maltraitaient leurs femmes et il se raconte même qu’ils enterraient vives leurs petites filles. De plus, la région était en proie à l’anarchie, à de nombreuses guerres entre clans plus ou moins régies par ces coutumes religieuses troubles. C’était le temps de la jahiliya, de l’ignorance, de l’obscurantisme propre aux temps païens.

    Dans ce contexte serait né Muhammad, en 570, à La Mecque, petite ville caravanière de cette région, au sein de la tribu des Qoréchites. Orphelin très tôt, il est recueilli par son grand père, puis par son oncle, les chefs de la tribu. Vers l’âge de 9 ans, alors qu’il accompagne son oncle lors d’une expédition caravanière en Syrie, un moine chrétien, Bahira, reconnaît en lui un futur prophète. En attendant qu’il le devienne, Muhammad doit subvenir à ses besoins. Il trouve à s’embaucher comme caravanier et sillonne l’Arabie et le Moyen Orient. Il épouse sa patronne Khadija, une riche veuve. Il aura d’elle quatre filles.

    Vers 610, alors qu’il s’était retiré pour méditer dans une grotte à l’écart, une voix se fait entendre, l’ange Gabriel apparaît. Il lui révèle la parole d’Allah, c'est-à-dire quelques versets du Coran qu’il lui enjoint de réciter (les premiers versets de la sourate 96). Gabriel est le messager d’Allah (« le dieu », c'est-à-dire Dieu), le dieu unique, le créateur du monde et du premier homme Adam. Il s’était révélé par la suite à Abraham et à toute une série de prophètes – Noé, Moïse, Jésus pour les principaux… Mais ceux qui avaient écouté ces prophètes prêcher la parole divine, c'est-à-dire les Juifs et les chrétiens, s’étaient égarés. Ils avaient reçu de leurs prophètes des livres sacrés (la Torah et l’Evangile), et auraient dû suivre leurs commandements. Toutefois, ils s’étaient dévoyés et avaient falsifié leurs écritures. D’où la nécessité pour Allah de parachever sa révélation en envoyant un dernier prophète pour rappeler le monde à l’ordre et fonder à nouveau la vraie religion. Celle qui corrige toutes les révélations précédentes dévoyées, judaïsme et christianisme, en donnant aux nouveaux croyants les justes et ultimes commandements pour vivre selon le plan d’Allah. Et dans ce plan figure notamment la mission de convertir la terre entière pour que lui, Allah, soit enfin satisfait de voir toute l’humanité se soumettre et se conformer à sa divine volonté, lui obéir en tout, du lever au coucher, entre époux et entre amis, dans la paix et dans la guerre, dans tous les actes de la vie quotidienne. Muhammad s’en ouvre à sa femme. Celle-ci le présentera à son cousin Waraqa, un prêtre présenté comme chrétien, et tous deux conforteront Muhammad dans la validité de sa révélation. Convaincu de la nécessité de la proclamer – illettré comme la plupart de ses contemporains, il ne pouvait pas l’écrire – il devient prédicateur. Il prêche alors le dieu unique aux polythéistes de La Mecque. Il parvient non seulement à se faire comprendre d’eux, mais aussi à se faire reconnaître comme prophète. Il rassemble ainsi autour de lui ses premiers fidèles, par son discours et par des signes divins de sa prophétie. Notamment par le miracle du « voyage nocturne », l’isra et le miraj (« le voyage et la montée ») qui le fera se transporter en une nuit de La Mecque à Jérusalem, aller et retour, au dos de Buraq, son cheval ailé. Au passage, s’envolant depuis Jérusalem (prenant appui sur le rocher du Dôme du Rocher), il visite peut-être l’enfer (les traditions divergent sur ce point), puis traverse les sept cieux jusqu’à s’élever à « une portée de flèche » d’Allah. Le Coran céleste lui est révélé, aperçu entre les mains divines. C’est la « Mère des Ecritures », le modèle divin qui authentifie la révélation terrestre qu’en fait Muhammad.


    En dépit de ces signes, il s’attire les mauvaises grâces des autorités de La Mecque et de ses puissants, importunés par le prophète dans leurs affaires et leur polythéisme. Lorsque sa femme et ses protecteurs viennent à mourir, les persécutions envers Muhammad et les premiers musulmans empirent. Certains croyants seraient même allés jusqu’à traverser la Mer Rouge pour se réfugier en Abyssinie chrétienne. Et Mahomet finira par être chassé de La Mecque. Accompagné de ses adeptes, il trouve refuge à Yathrib, une cité prospère établie dans une oasis du désert à 400 km environ au nord de La Mecque, peuplée de tribus juives et arabes. Ainsi prend fin la période mecquoise de la vie de Muhammad. La date de sa fuite est retenue pour le début du calendrier musulman : l’année 622 sera le début de l’ère de l’Hégire (l’exil, l’émigration), la première année des nouveaux temps islamiques.

    Sa nouvelle ville d’accueil sera rebaptisée par la suite Médine. S’y ouvre donc la période médinoise de la vie de Mahomet. Il conclut un pacte avec ses hôtes arabes et juifs (appelé « Constitution de Médine »), et s’entend bien avec eux, comme le montre leur conduite bienveillante initiale à son égard. Il continue de prêcher en divulguant verset après verset la révélation d’Allah, parole qui l’établit alors comme chef politique. Durant tout ce temps, l’ange Gabriel continue en effet de se manifester régulièrement à lui. C’est ainsi qu’il est amené à s’éloigner des pratiques originelles très semblables aux coutumes juives que mettaient en avant ses premiers prêches - comme l’observance de certains jeûnes, rites et prières, ou encore l’obligation de prier en direction de Jérusalem. Plus tard, il l’aurait modifiée, l’orientant vers La Mecque. Il s’y serait trouvé un ancien sanctuaire, la Kaaba, dont la construction est attribuée à Abraham lui-même, dit-on. Mais les polythéistes mecquois l’auraient ensuite dévoyée et encombrée des idoles païennes de leurs cultes.

    Pour subvenir aux besoins de la communauté et face à l’hostilité des Mecquois et des sceptiques, Muhammad, le prophète pacifique devenu maître religieux de Médine, se mue désormais en chef de guerre : malgré ses premières réticences, la révélation de nouvelles sourates lui enjoint d’user de toutes les violences, de prôner la guerre sainte, et de faire mener expédition sur expédition contre les caravanes de La Mecque (des razzias). Il élimine ses adversaires politiques, ses contradicteurs et ses caricaturistes. Médine vit cependant l’âge d’or de l’islam, Mahomet édicte les règles d’une juste paix, libérant par exemple la femme du statut indigne dans lequel les polythéistes sont supposés l’avoir confinée. Il mène une vie humble malgré ses épouses nombreuses (avec selon les traditions au moins 13 femmes, sans compter les esclaves et prises de guerre). Il continue de dévoiler à l’appui de ses actions des versets nouveaux de la révélation. Il recrute ainsi toujours plus de fidèles, et combat les oppositions des croyants sceptiques, les munafiqun. Face aux trahisons de ses hôtes juifs de Médine qui n’auraient plus respecté le pacte initial, il finit par en expulser deux de leurs tribus, et fait massacrer et réduire en esclavage la troisième en 627 (la tribu des Banu Qurayza).

    S’étant ainsi renforcé, Mahomet peut s’emparer de La Mecque. Il y entre en 629 à l’occasion de la trêve d’Hudaybayyiah, puis prend définitivement la ville en 630. La Kaaba est nettoyée des idoles païennes et devient ce cube vide orné de cette pierre noire que nous voyons encore aujourd’hui. La Mecque gagne définitivement son statut de ville sainte. Les conquêtes continuent dans le Hedjaz, de nouveaux territoires sont gagnés, des populations se convertissent à cette nouvelle religion, l’islam, Juifs et chrétiens conservant cependant une certaine liberté de culte. L’Arabie s’unifie dans une même langue, une même religion et s’identifie peu à peu à l’oumma, la communauté des croyants musulmans. La conquête et les conversions continuent ainsi de s’étendre jusqu’au Proche Orient.

    En 632, Mahomet réalise son dernier pèlerinage à La Mecque, islamisant ainsi la coutume ancienne qu’observaient également les polythéistes, et l’établissant comme pilier de la nouvelle foi. Il meurt peu après, le 8 juin 632, à Médine, et y sera enterré.
     





    .


    Dernière édition par Erdnaxel le Dim 20 Nov - 23:43, édité 1 fois
    avatar
    Erdnaxel
    Admin

    Messages : 208
    Date d'inscription : 20/11/2016

    Re: Le grand secret de l'islam

    Message par Erdnaxel le Dim 20 Nov - 17:44

    L’ISLAM APRÈS MAHOMET
    ... toujours selon l’historiographie musulmane

    A sa suite, Abu Bakr, un de ses compagnons, devient calife, c'est-à-dire « successeur » (de Muhammad), et donc chef religieux, politique et militaire de l’oumma. Il s’agit alors d’un califat électif, doté d’un conseil califal consultatif, le « mushawara » (la consultation), composé de compagnons de Muhammad, parmi lesquels nous retrouvons notamment trois futurs califes (Omar, Otman et Ali), Ubay, et Zayd. Zayd fut le secrétaire personnel du prophète, auquel fut naturellement confiée une première compilation de la révélation coranique, transcrite par les compagnons de Muhammad. Abu Bakr poursuit les conquêtes, combat certaines tribus musulmanes refusant de voir en lui le successeur du prophète (ce sont les guerres de « ridda » ou guerres d’apostasie) et meurt à Médine, en 634, confiant son pouvoir à Omar. Celui-ci, deuxième calife fut un très grand conquérant. Il étend l’empire aux confins de la Tunisie actuelle, en passant par l’Egypte, tout le Moyen Orient, l’Irak, et jusqu’aux extrémités de l’Iran d’aujourd’hui. Il prend Damas (634). Les Arabes entrent à Jérusalem vers 637-638, qui sort donc du giron de l’Empire Romain d’Orient (Byzance). Omar y fait construire un sanctuaire, la « mosquée d’Omar » sur l’actuelle esplanade des mosquées, à l’emplacement supposé de l’ancien temple des Juifs. Le calife Abd Al-Malik la remplacera par la suite par le Dôme du Rocher, construit vers la fin du 7e siècle.



    Pendant ce temps, les témoins de Muhammad, ses compagnons, ses scribes, son secrétaire, auraient continué d’apprendre par cœur, de réciter, de transcrire et de diffuser sa révélation, la parole d’Allah, le Coran. Ils auraient continué aussi de se remémorer l’exemple de sa vie. Mais de fil en aiguille, le risque de compromettre la révélation se serait accru avec la mort des témoins et l’apparition de divergences au sein de l’oumma. Le travail de collecte des fragments coraniques éparpillés parmi les musulmans, initié sous Abu Bakr, poursuivi sous Omar, toujours grâce à Zayd, ne suffit pas. Après l’assassinat d’Omar à Médine en 644, c’est Otman, son successeur, le troisième calife, qui fera finalement compiler entre 647 et 653 une version unique et officielle, la version canonique du Coran, classifiant et ordonnant les sourates de la plus longue à la plus courte. Otman aurait fait alors détruire l’ensemble des recueils et fragments antérieurs dans tout le califat. Il y diffuse la véritable version du Coran, sous la forme de cinq exemplaires de référence, à Médine, Damas, Koufa et Bassora (dans l’actuel Irak), et à La Mecque. C’est cette version que l’édition de 1923 du Caire a théoriquement avalisée. Elle fait toujours référence pour tous les musulmans. Après l’assassinat d’Otman en 656 lui succèdera Ali, cousin, gendre, disciple et compagnon historique de Mahomet. Il fera face à une très grave guerre civile au sein de l’oumma, la première fitna.

    Ali sera assassiné en 661, mettant fin au califat des « rachidun » (« bien guidés »), ces premiers successeurs de Muhammad que l’islam sunnite reconnaît comme des dirigeants modèles et divinement inspirés. L’assassinat d’Ali amplifiera encore la guerre civile avec la querelle de sa succession, portant tant sur la nature de l’héritage de Mahomet que sur l’affrontement des ambitions politiques déjà observé précédemment. Elle finira par séparer irrémédiablement les musulmans entre sunnites, chiites et autres branches dissidentes : pour schématiser, les sunnites se révèleront partisans d’une succession politique à Ali via Hasan, son fils, qui prend sa suite en 661 pour moins d’une année, et surtout via Muawiya, le gouverneur de Syrie qui s’impose très rapidement face à Hasan par la force. Les chiites veulent une légitimité religieuse au successeur de Muhammad, un imam davantage qu’un chef militaire, et qui plus est, un imam descendant du prophète. Ils ont reconnu Hasan, fils d’Ali et petit fils de Muhammad, comme leur chef. A la mort d’Hasan en 670 (on dit qu’il aurait été empoisonné par sa propre femme sur ordre de Muawiya, neuf ans après son éviction par ce dernier), ils se porteront vers son frère Hussein (le troisième imam des chiites, après son frère Hasan et son père Ali). Ils s’opposent donc à Muawiya, l’éternel adversaire d’Ali et de ses fils, devenu calife (le premier calife omeyade). Il faut savoir par ailleurs que les vicissitudes de l’opposition de Muawiya à Ali avaient déclenché la scission d’une troisième branche de musulmans parmi les partisans d’Ali, les Kharidjites. Ce sont eux qui avaient assassiné Ali en 661. Retenons que Muawiya s’imposa donc comme calife, transférant la capitale de Médine à Damas. Il en terminera avec le califat électif en choisissant son fils Yazid pour lui succéder à sa mort, en 680, fondant ainsi la dynastie des Omeyades. Yazid fera assassiner Hussein, et les Omeyades règneront alors jusque 750 sur fond de deuxième fitna et d’interminables guerres religieuses et politiques.

    Pendant tout ce temps se poursuit également la guerre sainte d’expansion de l’oumma contre les infidèles : Perses, Byzantins, Berbères et autres Nord-Africains, Wisigoths d’Espagne. La conquête s’étend même jusqu’aux Francs et à l’Asie Centrale. Les luttes intestines n’en finissent pas pour autant, puisqu’au terme d’une nouvelle guerre civile, les Omeyades sont vaincus à la bataille du grand Zab (750) par As-Saffah. Il devient calife et établit alors sa nouvelle dynastie, les Abbassides pour gouverner l’oumma depuis sa nouvelle capitale, Bagdad, marquant ainsi la montée de l’influence perse dans l’empire. Après quoi s’imposeront les Mongols au 13ème siècle, puis les Ottomans au 14ème siècle.



    L’histoire des premiers temps de l’islam se révèle ainsi bien tourmentée : trois califes assassinés sur les quatre premiers, assassinats d’Hasan et Hussein, guerres civiles récurrentes dans l’oumma, guerre sainte de conquête menée contre les incroyants, sans parler de la brutalité avec laquelle les califes ont exercé leur autorité absolue. La nouvelle religion de paix ne portait pas alors à l’apaisement.  

    Néanmoins, la parole d’Allah fut conservée miraculeusement intacte, ainsi que la mémoire des faits et gestes de son prophète. Celle-ci constitue la tradition (la sunna), issue du colportage des ahadith, ces témoignages rapportés dans des chaînes de transmission orale plus ou moins solides depuis les compagnons de Muhammad. On en compte jusqu’un million et demi selon les compilations des siècles qui suivirent. C’est ainsi que fut rapportée l’histoire des premiers temps de l’islam par les musulmans : on ne possède en effet aucun récit historique musulman contemporain des événements ici racontés. La sîra, la biographie du prophète qui fait référence, n’a été écrite qu’au 9ème siècle par Ibn Hicham, qui s’inspirait d’une biographie disparue, écrite par Ibn Ishaq un siècle plus tôt. En associant Coran, sîra et hadiths complémentaires, les musulmans discernent le message divin, la révélation toute entière contenue dès le départ en la personne de Muhammad. Il constitue en effet une révélation par lui-même, par sa propre parole (lorsqu’il dicte le Coran révélé par Gabriel) mais aussi par son comportement de « beau modèle », d’exemple parfait et normatif en tout ce qu’il aurait fait ou n’aurait pas fait. De là est instituée la loi divine, la charia, rédigée dans sa forme quasi définitive autour du 10ème siècle. Elle interprète, explicite et codifie ce message aux musulmans pour vivre dans la voie voulue par Allah pour eux et pour toute la terre. L’ensemble des éléments de l’islam et de sa vision du monde sont alors fixés et écrits. En voici une synthèse.


    Dernière édition par Erdnaxel le Dim 20 Nov - 23:41, édité 1 fois
    avatar
    Erdnaxel
    Admin

    Messages : 208
    Date d'inscription : 20/11/2016

    Re: Le grand secret de l'islam

    Message par Erdnaxel le Dim 20 Nov - 18:38

    L'essentiel du dogme musulman

    1. Un dieu unique, Allah, créateur et maître absolu de toute chose, de toute vie et de tout instant : la nature, l’écoulement du temps, les phénomènes étudiés par la science, les fortunes et infortunes des musulmans comme des infidèles n’existent que parce qu’Allah en décide ainsi et les fait advenir à chaque moment.

    2. Une révélation de la parole d’Allah au premier croyant et premier prophète d’Allah, Abraham ; puis une révélation de cette parole à une humanité rebelle réalisée par des prophètes venus successivement la rappeler à l’ordre divin pour la corriger de ses dérives dans son application. Ces rappels réguliers à la même parole d’Allah exigent des hommes qu’ils se soumettent entièrement à leur créateur, selon la loi qu’il leur impose. Les grandes religions monothéistes que l’islam appelle les « religions du livre » sont issues des trois principaux de ces prophètes (Moïse, Jésus, Muhammad), qui se sont chacun adressés respectivement à certaines communautés : ‐ Au peuple juif, descendant d’Abraham, prophète d’Allah, à qui Moïse, prophète d’Allah, aurait donné un livre saint, la Torah, contenant la révélation d’Allah ; ce livre annoncerait la venue de Jésus, prophète d’Allah, et contiendrait les commandements selon lesquels les Juifs seraient censés vivre. Mais les Juifs auraient falsifié leurs écritures et rejeté les commandements d’Allah donnés par Moïse. ‐ Aux chrétiens, communauté issue des Juifs, donc d’Abraham, à qui Jésus, prophète d’Allah, aurait donné un livre saint, l’Evangile (au singulier), contenant la révélation d’Allah supérieure à la Torah ; ce livre annoncerait la venue de Muhammad, prophète d’Allah, et contiendrait les commandements selon lesquels les chrétiens seraient censés vivre. Mais les chrétiens auraient falsifié leurs écritures et rejeté les commandements d’Allah donnés par Jésus. Ce dernier tient un rôle particulier parmi les prophètes de l’islam, puisqu’il est reconnu comme messie, qu’il n’est pas mort sur la croix mais a été enlevé in extremis par Allah et gardé en réserve au ciel en vue de la fin des temps. ‐ Les Arabes, peuple choisi ultimement par Allah, descendant d’Abraham, prophète d’Allah, et par extension, les musulmans, communauté issue des Arabes par leur conversion, à qui Muhammad, prophète d’Allah, aurait donné un livre saint, le Coran, contenant la révélation d’Allah supérieure à la Torah et à l’Evangile, révélation qui clôt toutes les révélations, et livre contenant les commandements selon lesquels les musulmans seraient censés vivre. Les musulmans auraient quant à eux conservé intactes leurs écritures et observeraient les commandements d’Allah donnés par Muhammad et explicités par la tradition.

    3. Le commandement absolu donné aux musulmans, en tant que dépositaires légitimes de l’ultime parole d’Allah conservée dans toute son intégrité, de soumettre la terre entière à la loi d’Allah, à commencer par eux-mêmes (loi comprenant les cinq piliers de l’islam : profession de foi, prière, obligations du ramadan, aumône et pèlerinage à la Mecque). Il s’agit de se placer dans un rapport de sujétion absolue à la volonté d’Allah, de s’en remettre entièrement à lui et à sa loi, selon sa volonté révélée. L’application de sa loi serait la clé du bonheur terrestre et du paradis céleste après la mort – sa non-application menant alors à l’enfer, voire au châtiment terrestre tel que le définit la charia. Et cette loi commande de libérer le monde des infidèles, des incroyants (les « koufar ») qui sont une offense à Allah, à son plan divin, et donc à l’islam.

    4. L’attente de la fin des temps où se produira le « Jour du Jugement », la venue du Mahdi et le retour du « Messie Jésus » (pour les sunnites), ou celui du 12ème imam (pour la plupart des chiites), qui combattront les forces du mal, l’éradiqueront de la terre, soumettront tous les infidèles et établiront l’islam à jamais, pour tous.

    Voilà dans les grandes lignes ce que l’islam dit de lui-même, de ses origines et de ses grands principes. Il s’agit d’un système assez cohérent, qui présente en tous cas une implacable logique interne. Les événements historiques s’y imbriquent les uns dans les autres selon les mêmes déterminants et obéissent aux mêmes injonctions que ceux et celles de l’islam d’aujourd’hui. Il s’agit d’une vision globale du monde qui l’ordonne en mettant toute chose à sa juste place :

    Ce système justifie la nature sacrée et incontestable du projet de l’islam, qui est de sauver le monde en le soumettant à l’islam, que ce soit par la conquête ou par la conversion :
    C’EST LA VOLONTÉ D’ALLAH
    Ce système explique comment cette volonté d’Allah est arrivée aux musulmans :
    C’EST PAR LA RÉVÉLATION DU CORAN, PAROLE D’ALLAH
    Ce système explicite la ligne de conduite que les musulmans se doivent de tenir selon la volonté d’Allah (en tous cas les musulmans pieux) :
    C’EST L’EXEMPLE DU PROPHÈTE MUHAMMAD, ENVOYÉ PAR ALLAH
    Ce système démystifie les incohérences du monde, comme par exemple la présence d’autres religions monothéistes. Chaque homme a beau naitre musulman, depuis Adam et l’origine du monde, la plupart ignorent la volonté d’Allah, pourtant révélée tout au long de l’Histoire :
    SEULS LES MUSULMANS APPLIQUENT VRAIMENT LA VOLONTÉ D’ALLAH
    Si l’on constate des troubles entre musulmans, du malheur dans leurs pays, ce ne peut être que parce que la volonté parfaite d’Allah y est mal appliquée. Si certains critiquent les musulmans, ce ne peut être que parce qu’ils sont ignorants : ils connaissent bien mal la volonté d’Allah, qui explique tout, qui prévoit déjà tout, par définition.
    DES QUESTIONS, UNE RÉPONSE: CONNAITRE ET APPLIQUER LA VOLONTÉ D’ALLAH

    Cette vision du monde l’explicite d’autant mieux qu’on ne la questionne pas. Il est donc rigoureusement interdit de le faire en islam. Nous vous proposons malgré cela de questionner cette vision, ce discours, ce système, en racontant une autre histoire, celle que les musulmans d’aujourd’hui ignorent, celle que les musulmans des premiers siècles ont escamotée : l’histoire du grand secret de l’islam.



    avatar
    Erdnaxel
    Admin

    Messages : 208
    Date d'inscription : 20/11/2016

    Re: Le grand secret de l'islam

    Message par Erdnaxel le Dim 20 Nov - 23:52

    Le grand secret de l'islam

    Comme nous l’avons mentionné en introduction, pour l’essentiel, notre monde ne connaît l’islam que par ce que celui-ci dit de lui-même, par l’histoire musulmane elle-même, considérée comme juste et vraisemblable. C’est ce qu’affirment la plupart des islamologues des plateaux de télévision. Mais voici que ces dernières années, des percées majeures relatives à cette histoire ont été réalisées : des éléments de recherche nouveaux, des découvertes archéologiques, de nouvelles approches linguistiques et codicologiques (se rapportant aux textes anciens), la prise en compte du contexte araméen s’imposant comme celui de la naissance de l’islam, des études rigoureuses des textes musulmans et bien d’autres éléments encore.

    Une thèse de doctorat en théologie et histoire des religions a été soutenue en 2004 à l’université de Strasbourg II par un chercheur étonnant, le père Edouard-Marie Gallez, élève et continuateur des travaux du père Antoine Moussali – lesquels s’enracinent eux-mêmes dans les travaux précédents de chercheurs du Moyen-Orient. Cette thèse se fonde également sur les recherches personnelles de son auteur et sur la reprise d’un colossal ensemble de recherches précédentes, ayant abouti aux percées majeures déjà mentionnées. Nous citerons en particulier les suivantes : ‐ Islamologie « classique » : des découvertes remarquables ont été réalisées par Régis Blachère, Alfred-Louis de Prémare, Patricia Crone, Michael Cook, Marie-Thérèse Urvoy, Gerd Puin, Manfred Kropp, Guillaume Dye, Robert Kerr, Günter Lüling ou encore Christoph Luxenberg ; ‐ Recherches plus ou moins éparses de nombreux intellectuels, historiens, archéologues, géographes, linguistes, scientifiques et religieux ; ‐ Traditions historiques et religieuses - à commencer bien sûr par les traditions et les textes musulmans - et aussi les traditions juives et celles des Eglises d’Orient ; ‐ Approche nouvelle du christianisme des origines, éclairée notamment par l’analyse des manuscrits de la Mer Morte.

    En reliant les différents aspects abordés isolément par chacun sur son sujet, l’auteur assemble les différentes pièces du puzzle dans le cadre d’une approche globale, étayée par des faits, des témoignages, une multitude de preuves et d’indices convergents que l’on trouvera abondamment listés et référencés dans ses ouvrages. Il propose une explication scientifique à l’apparition de l’islam, documentant ses origines réelles et les différentes péripéties historiques qui lui ont permis de se constituer comme religion. Et par là, il permet de comprendre ce qu’est l’islam en vérité. C’est cette approche nouvelle et détonante dont nous nous proposons de mettre les principaux résultats dans une perspective historique, enrichie des dernières découvertes de la recherche venues la préciser.

    Bien sûr, il n’existe pas de vérité absolue en matière de recherche historique. Les chercheurs cherchent, découvrent, réfutent, expliquent, et continuent toujours de chercher pour tenter d’approcher la vérité au plus près. Comme telle, cette démarche ne saurait être dirigée contre les musulmans. Ils n’ont rien à craindre, rien à perdre, et tout à gagner dans ce travail de recherche de la vérité, de la même façon que les chrétiens finissent par bénéficier de ce même travail initié depuis longtemps sur les origines historiques du christianisme.

    Voici donc l’histoire du grand secret de l’islam, une histoire dont le lecteur va pouvoir constater combien elle diffère de l’histoire officielle.
    avatar
    Erdnaxel
    Admin

    Messages : 208
    Date d'inscription : 20/11/2016

    Re: Le grand secret de l'islam

    Message par Erdnaxel le Lun 21 Nov - 0:06

    De révélations divines en post-christianismes

    Cette histoire commence dans l’Israël des années 30 après Jésus Christ. Israël y est alors avant tout un peuple, le peuple hébreu, un peuple forgé par sa religion. Selon sa tradition (la tradition biblique), un homme, Abraham, aurait répondu à l’appel de Dieu il y a environ 3 800 ans et quitté la Mésopotamie pour une terre promise, qui se révéla être Israël. La promesse de Dieu à Abraham était celle du don d’une terre et d’une descendance innombrable. Le peuple hébreu se revendique de cette descendance ; Abraham en serait alors le patriarche, le premier juif en quelque sorte – le second devant être alors son fils Isaac. Depuis Abraham, le peuple hébreu vit dans « l’Alliance » : Dieu s’est révélé à lui et l’a choisi pour porter cette révélation. Et ainsi, au fil de l’édification historique très progressive du peuple hébreu et de la construction de son rapport à un dieu empreint de pédagogie envers lui, ce peuple l’a peu à peu reconnu comme dieu unique et exclusif. Il lui a accordé sa foi, rejeté les idoles, et vit en cela une religion singulière dans le monde païen, adorant le dieu unique, créateur et protecteur, « l’Eternel ». Des patriarches comme Moïse, de nombreux prophètes comme Elie, Isaïe ou Daniel se sont levés au long d’une histoire mouvementée pour conduire le peuple, l’enseigner, l’admonester, le rappeler à ses devoirs envers Dieu, au sens de Dieu. Leurs rappels à l’ordre, leurs commandements, leurs lois et les traditions immémoriales du peuple hébreu ont été rassemblés et compilés dans un ensemble de textes. Parmi ceux-ci, l’un en particulier, la Torah, rassemble en cinq livres l’histoire du monde depuis sa création, l’histoire du peuple hébreu et une loi fondamentale régissant l’ensemble de la vie des juifs d’alors : vie morale, rapports à Dieu, séparation stricte du juif et du non-juif (le non-juif était supposé rendre impur un juif par son seul contact, ce qui avait permis à ce peuple de construire, préserver et transmettre son héritage religieux dans l’hostile monde antique) ; on y trouve aussi une codification de la vie quotidienne, des rites de pureté et autres règles de comportements. Selon la tradition, la Torah a été dictée par Dieu à Moïse sur le Mont Sinaï, lors de l’exode du peuple hébreu hors d’Egypte. Elle est au cœur de la vie des Hébreux, qui sont nombreux à la connaître par cœur ainsi que les autres livres sacrés (les psaumes et les livres des prophètes). Ils la transmettent ainsi en famille et en communauté, en langue araméenne, qui est la langue véhiculaire et de compréhension des textes sacrés (les targoums). Parmi les commandements de Dieu dont l’observance est prescrite, l’un en particulier revêt une importance capitale : c’est la dévotion rendue au temple de Jérusalem.


    Ce temple est spécifique au peuple hébreu. Il est pour lui le lieu de la présence réelle de Dieu sur terre, sa maison (le mot de « temple » n’existe pas dans les langues sémitiques qui emploient celui de « maison »). C’est là qu’on lui rend un culte, par le sacrifice d’animaux et par diverses offrandes. C’est une obligation a minima annuelle pour tout juif, et l’occasion d’un pèlerinage. Le temple abritait initialement l’arche d’alliance (le coffre qui contenait les tables de la loi de Moïse), perdu après la destruction du premier temple. Avec sa reconstruction au fil des aléas de l’histoire, Jérusalem est couronnée en l’an 30 par un temple monumental et somptueux, le temple d’Hérode le Grand. Situé comme son prédécesseur le temple de Salomon au mont du temple, le mont Moriah, sur le lieu supposé du sacrifice d’Isaac par Abraham, il se compose de plusieurs enceintes. En son cœur se trouve le temple proprement dit, un gigantesque bâtiment dont l’emprise au sol forme une sorte de grand T : les prêtres y entrent par la barre horizontale, son fronton, et le fond de la barre verticale de ce T présente la forme d’un grand cube, séparé de l’entrée par un rideau. C’est le Saint des Saints, c’est là que réside Dieu sur terre, en son temple, dans cette grande pièce cubique, vide. Personne n’entre jamais dans le Saint des Saints, sous peine de mort, sauf le grand-prêtre et lui seul, une fois par an. A l’extérieur du temple sont faites les offrandes et réalisés les sacrifices d’animaux, au nom de Dieu. Ce temple est une des merveilles du monde d’alors, la fierté du peuple hébreu.


    Israël en l’an 30 est aussi une terre, cette terre promise par Dieu, offerte par Dieu. Certes, le peuple hébreu présente déjà, et depuis fort longtemps, une considérable diaspora (en Egypte, en Perse, à Rome et dans tout le monde antique jusqu’en Chine où l’ensemble de cette diaspora, présente principalement dans les villes commerçantes, aurait représenté 2 à 3 millions de personnes à l’époque, soit la moitié environ du peuple hébreu). Son attachement à la terre promise reste cependant très fort. Mais, en l’an 30, la terre d’Israël est « outragée » à plusieurs égards. Tout d’abord, elle est désunie : divisée en plusieurs royaumes et provinces, gouvernée par plusieurs monarques (les tétrarques). La Samarie, ce territoire qui se situe à peu près en son milieu, est peuplé de Samaritains, des non-juifs (ou plutôt des juifs hérétiques), c'est-à-dire des personnes impures pour tout juif sérieux (particulièrement les Judéens, maîtres de Jérusalem et de son temple, qui regardent avec hauteur les autres juifs). Tout autour d’Israël, enfin, des royaumes et des peuples idolâtres.

    De plus, voilà plusieurs siècles que la terre d’Israël est occupée, soumise à un envahisseur étranger : les Assyriens, les Babyloniens, les Perses puis les Grecs, et désormais les Romains, s’appuyant sur des autorités locales juives pactisantes, notamment les autorités religieuses. La Judée (Judée-Samarie-Idumée) en particulier est administrée par un préfet romain (Ponce Pilate). La pax romana est cependant relativement bienveillante envers le peuple hébreu malgré les récriminations contre l’impôt romain : les structures religieuses et politiques traditionnelles ont été maintenues par les Romains, le culte au temple et l’adoration du dieu unique sont respectés (de très nombreux Hébreux pratiquent d’ailleurs leur religion à Rome même). Chez beaucoup d’Hébreux, notamment en Judée, perdure cependant le rêve de l'indépendance et de la réunification nationale, nourri par le souvenir des temps bénis des grands rois juifs (David, Salomon), de la terre juive unifiée où chacun se conformait aux lois selon le plan divin. Nourri également par une certaine interprétation des écritures saintes et des promesses de Dieu dont elles rendent compte : n’a-t-il pas été promis par Dieu via ses prophètes qu’Israël finira par l’emporter, que les rois étrangers viendraient un jour servir Israël eux-mêmes ? Un messie, un sauveur envoyé par Dieu a même été annoncé par les prophètes. Un descendant du roi David, plus précisément, un nouveau roi qui restaurera la royauté, libérera Israël sur lequel il fera régner Dieu pour que le temple rayonne sur le monde entier. Se lèvent ainsi beaucoup de messies, de révoltés et de libérateurs dans ces temps d’excitation religieuse. Les Hébreux ont une longue tradition de révolte contre leurs envahisseurs, comme la révolte des Maccabées au 2ème siècle avant Jésus Christ ; et encore celle de Judas le Galiléen, en l’an 6. Sa révolte contre le légat romain Quirinius se solda par la crucifixion de 2 000 de ses partisans… Mais depuis l’avènement de l’empereur Tibère, les choses semblent s’être calmées en surface, « sub Tiberio quies », comme l’écrivait Tacite.


    Dernière édition par Erdnaxel le Lun 21 Nov - 0:21, édité 1 fois
    avatar
    Erdnaxel
    Admin

    Messages : 208
    Date d'inscription : 20/11/2016

    Re: Le grand secret de l'islam

    Message par Erdnaxel le Lun 21 Nov - 0:17

    Jésus, son message, ses adeptes, leurs dérives...

    A partir de ce contexte hébreu, l’histoire du grand secret de l’islam va nécessiter une compréhension fine du retentissement de certains aspects de la révélation chrétienne dans les mentalités et dans l’histoire.

    Voici qu’intervient en effet un homme dont l’impact va tout changer pour le peuple hébreu, et même pour le monde entier. Jésus apparaît vers l’an 27 en Israël et se lance dans trois années de prédication itinérante. C’est un rabbi qui connaît à la lettre la Torah et les écritures, et enseigne dans les synagogues et au temple de Jérusalem. Interprétant ces écritures, il proclame un discours nouveau, inouï. Il invoque l’autorité de Dieu dont il se dit « fils », « pardonne les péchés » en son nom, et accomplirait des signes miraculeux. Il galvanise les foules et rassemble autour de lui tout un groupe d’hommes et de femmes, des curieux, des passionnés, des disciples et des apôtres. Entre autres choses, il explicite la question du mal et la possibilité d’en être délivré, d’en être sauvé. C’est une nouveauté absolument radicale dans le monde d’alors, touchant des ressorts psychologiques bien plus profonds que ceux auxquels pouvaient prétendre les cultes païens (mais que la religion hébraïque de cette époque préparait déjà, notamment dans sa loi, son espérance, ou dans sa séparation du pur et de l’impur). En introduisant la perspective du salut, il rompt avec la vision d’un mal « naturel », compris comme faisant partie de l’ordre des choses. Il rompt avec les visions cycliques de l’histoire des hommes et des sociétés anciennes, condamnées aux éternels recommencements : il ouvre les perspectives d’un destin personnel et collectif, d’un bonheur à saisir ici-bas, d’une libération possible du mal. Le salut qu’il propose agit à la fois comme salut personnel de l’Homme par sa relation à « Dieu-Père » via lui-même « Jésus-Fils », et comme salut collectif dans le rapport aux autres : « heureux les pauvres de cœurs » dit-il, « heureux ceux qui ont faim et soif de justice », « heureux les artisans de paix », un monde meilleur est à construire, à attendre. « Le Royaume des Cieux est tout proche ».



    Serait-ce lui le messie espéré par le peuple hébreu ? Certains veulent le voir comme le roi attendu qui va libérer Israël de l’occupant et restaurer sa splendeur politique. D’autres perçoivent que ce n’est pas sur ce plan-là qu’il entend exercer une messianité liée à sa descendance davidique, mais sur un plan religieux, notamment face à la grande-prêtrise du temple. Celle-ci est en effet accaparée par une famille d’usurpateurs (descendante des Hasmonéens), et qui plus est compromise avec l’occupant romain, tandis que le rôle de prière dévolu traditionnellement à la tribu de Lévi – les prêtres d’Israël – s’efface de plus en plus au profit du mouvement pharisien, luimême lié au temple. Jésus dénonce effectivement la corruption de la foi, de la pratique religieuse (notamment au temple) et de ceux qui les encadrent. De plus, il parle de la foi juive comme nul ne l’avait fait auparavant. Il explique les textes en montrant leur sens profond et leur accomplissement, rejetant les interprétations hypocrites légalistes. Il s’inscrit pleinement dans l’alliance ancienne avec Dieu, en allant jusqu’à montrer qu’elle est faite pour s’étendre aux non juifs, aux païens, au mépris des règles de pureté, ce qui est source de très grand scandale (notamment chez les pharisiens). A cela s’ajoute la multiplication des témoignages de ses miracles. Devant le risque de devoir le reconnaître comme messie, le pouvoir en place au temple va alors chercher à le faire mourir. Car s’il est le messie, alors les autorités religieuses lui doivent obéissance et doivent lui remettre le pouvoir qu’elles exercent. Et pour la plupart, c’est impensable ! Un complot est donc organisé pour l’arrêter. L’affirmation de son lien avec Dieu sera le prétexte saisi par les autorités du temple (réunies partiellement, et de nuit) pour le condamner à mort. Puis on s’arrange avec les Romains qui l’exécutent d’une façon horrible et infâmante, cloué sur une croix (le supplice réservé aux esclaves), le vendredi 7 avril de l’an 30. Mais voici cependant que malgré son exécution, ses disciples se montrent en public. Ils s’étaient pourtant tous sauvés ou cachés au moment de son arrestation par peur des représailles. Quelque chose d’inouï se serait produit à l’aube du troisième jour après la mort de Jésus, un événement qui aurait poussé ses disciples à reparaître au grand jour et à poursuivre sa prédication au peuple hébreu et aux païens, au risque des pires persécutions, qui s’abattront d’ailleurs sur eux. Cet événement qui n’a jamais cessé de susciter des controverses depuis lors deviendra bientôt une clef de l’histoire, sinon la clef des siècles à venir.

    En effet, à partir du dimanche suivant le jour de l’exécution, la nouvelle commence à courir que Jésus est apparu à diverses personnes. Puis, durant quarante jours, d’autres voient également Jésus, dont tous peuvent constater que son tombeau est vide. Le pouvoir religieux du temple s’inquiète et tente de faire croire à une supercherie : il paye les soldats romains préposés à la garde du tombeau pour qu’ils disent avoir vu des disciples de Jésus dérober son corps – c’est le bruit que les autorités du temple essayèrent de répandre jusqu’à la première « guerre juive » (66-70). Elles sont en effet d’autant plus inquiètes que de nombreuses prophéties bibliques prennent effectivement leur sens à la lumière du « relèvement d’entre les morts » du messie, un messie qui aurait d’abord été « rejeté par les chefs du peuple ». L’institution pharisienne s’inquiète également, ayant joué un rôle important dans ce rejet. Car alors, ce pouvoir religieux, déjà considéré comme frauduleux par beaucoup, n’aurait plus aucune légitimité parmi les Hébreux.  

    Les disciples de Jésus n’ont pourtant pas appelé aux hostilités contre les autorités du temple. Ni Pierre ni les autres apôtres n’appellent à la vengeance contre ceux qui ont comploté et organisé la mort de Jésus. Pas plus qu’ils ne prônaient un quelconque soulèvement politique. Leurs témoignages indiquent au contraire qu’ils appelaient alors à la conversion des cœurs et des intelligences. « Vous avez refusé le Saint et le Juste (…) Le Prince de la vie que vous aviez fait mourir, Dieu l’a relevé des morts, nous en sommes les témoins (…) Vous avez agi dans l’ignorance, tout comme vos chefs (…) Convertissez-vous ! ». Et même devant les commanditaires de son meurtre, ils disent simplement : « Le Dieu de nos pères a relevé Jésus que vous aviez exécuté en le pendant au bois. Dieu l’a exalté par sa droite comme Prince et Sauveur, pour donner à Israël la conversion et le pardon des péchés ». Mais la plupart des tenants du pouvoir refuseront de reconnaître leur erreur, craignant pour leur autorité politique et religieuse. Ils répondront par la haine au message transmis par les apôtres, tandis que de plus en plus d’Hébreux vont y adhérer. Ces derniers forment peu à peu une communauté nouvelle. Ils s’appelleront ou seront appelés « messiens » c’est-à-dire disciples du messie (en araméen : « mshyiayè » – en français : « chrétiens », d’après le terme grec « christos » traduisant l’hébreu « mashyah », « messie »).

    À Jérusalem, cette communauté se rassemble sous l’autorité de Jacques cousin de Jésus, et cela d’autant plus que les autres apôtres sont amenés à s’éloigner de Jérusalem à partir de l’an 37, à cause des persécutions lancées par le pouvoir du temple (l’autre Jacques, frère de sang de Jean, y sera assassiné vers 41). Entre-temps, il semble que, par ses accointances à Rome, ce pouvoir politico-religieux avait réussi déjà à convaincre le sénat romain de déclarer illicite la communauté chrétienne. La dispersion des apôtres va rendre nécessaire une fixation par écrit du canevas de leur enseignement oral tel qu’il était récité par cœur à Jérusalem en fonction du calendrier et des fêtes religieuses juives. C’est l’apôtre Matthieu qui en est chargé – ce canevas liturgique sera appelé plus tard « l’évangile selon Matthieu ». La dispersion sera également l’occasion pour les apôtres de visiter les communautés chrétiennes naissantes au sein de la diaspora juive, d’en susciter de nouvelles au long de leurs périples, et de les organiser – des vestiges archéologiques témoignent d’une organisation assez remarquable, jusqu’en Chine. Les différentes communautés hébraïques qui, à travers le monde, adhèrent à la « bonne nouvelle » (tel est le sens du mot évangile) répercutent celle-ci autour d’elles parmi les populations locales ; ainsi, peu à peu, les non-juifs vont s’agréger de plus en plus nombreux aux Juifs chrétiens. La « Grande Eglise de l’Orient » (de langue araméenne) aura cependant toujours à cœur de conserver ses racines juives.

    Si le message des apôtres a pu bénéficier de la présence et de l’accueil des communautés juives dans les villes commerçantes du monde d’alors (la considérable diaspora), il a surtout tenu sa force de la réponse nouvelle et radicale qu’il apportait à la question du mal, comme en témoignent les premiers écrits chrétiens. Selon la tradition biblique, l’être humain créé par Dieu ne devait pas mourir, mais en choisissant de faire le mal, il aurait appelé sur lui la corruption et la mort. « Par la faute d'un seul [Adam], la mort a régné », comme le résume l’ancien pharisien Paul. Si Jésus est l’intermédiaire entre Dieu et les hommes, alors, du fait que, « se relevant d’entre les morts », il a ouvert le chemin qui mène à une vie après la mort, il « délivre ceux qui, par crainte de la mort, passaient toute leur vie dans une situation d’esclaves ». Même dans le devenir de l’humanité entière, la mort, le pire de tous les maux que l’homme doit subir, et la corruption, sont potentiellement vaincues. Cette réponse à la question du mal ouvre des horizons nouveaux tant pour l’existence personnelle que pour le destin collectif de l’humanité. Ces perspectives remuent les profondeurs de l’être humain et possèdent une puissance qui n’a pas laissé indifférents certains accapareurs décidés à l’employer à leur propre profit. Leurs contrefaçons du message des apôtres tiendront en ceci : le sauveur du monde n’est plus Jésus, mais eux-mêmes. Elles s’organiseront autour des courants gnostiques et messianistes. Ces phénomènes post-chrétiens vont avoir une influence capitale dans l’histoire, et particulièrement dans l’apparition de l’islam, comme nous allons le voir par la suite.

    Mais avant d’en arriver là, une série d’événements dramatiques va marquer les esprits. Arrivé au pouvoir en Judée en 40, Hérode Agrippa 1er se targuera d’être le « Roi-Messie », mais mourra misérablement en 44 après avoir fait assassiner l’apôtre Jacques, frère de Jean. C’est probablement lui qui avait fait installer des inscriptions en trois langues sur le parvis du Temple, disant : « Jésus, qui n’a pas régné, crucifié par les Juifs pour avoir prédit la destruction de la ville et la ruine du Temple ». On y comprend que la question de la royauté donnée par Dieu à la descendance de David est encore centrale, face à des pouvoirs juifs jugés illégitimes qui veulent être tenus pour sacrés par le peuple. De fait, le message des apôtres détourne d’eux le peuple hébreu. De plus, des Grecs, des Romains, des païens, des non-Juifs se convertissent en nombre à la foi chrétienne, et donc en viennent presque à être admis comme Juifs par les judéo-chrétiens dans leur communauté nouvelle, au mépris des règles sévères de séparation du juif et du non-juif. La tension monte à Jérusalem ... En 62 meurt le procurateur romain. Profitant de la vacance du pouvoir chez l’occupant, le grand-prêtre du temple fait assassiner Jacques, l’évêque de Jérusalem, après un simulacre de procès devant le sanhédrin (le tribunal suprême de la Loi juive) : précipité d’une haute tour, il est lapidé et battu à mort. Le nouveau procurateur romain destitue ce grand-prêtre pour ce qu’il considère comme une faute très grave : Jacques, surnommé « le Juste », était considéré par tous comme la figure exemplaire de l’homme religieux. Après sa mort, plus rien ne retient le déploiement des mouvements politico-religieux et les délires messianistes. Simon, le nouvel évêque de Jérusalem (un autre cousin de Jésus) ne peut qu’assister impuissant à la dégradation de la situation dans tout le pays.
    avatar
    Erdnaxel
    Admin

    Messages : 208
    Date d'inscription : 20/11/2016

    Re: Le grand secret de l'islam

    Message par Erdnaxel le Jeu 24 Nov - 1:36

    La destruction du temple de Jérusalem

    L’idée d’un royaume juif auquel Dieu donnerait la victoire et la domination sur le monde entier fait son chemin, tandis que des groupes séditieux, soutenus par l’or des autorités du temple, s’opposent de plus en plus aux Romains. L’effervescence politico-religieuse conduit à l’embrasement. En 66 débute la Grande Révolte, la première « guerre juive ». Elle va appeler une répression terrible de l’occupant romain. Les légions commandées par Titus, fils de l’empereur Vespasien (et futur empereur lui même) vont réduire peu à peu les opposants, et bientôt, en 68, elles mettent le siège autour de Jérusalem. Les Romains ayant demandé aux Juifs qui ne soutiennent pas l’insurrection de se retirer du théâtre des opérations, tous les Juifs chrétiens vont alors quitter la ville, en se souvenant des paroles de Jésus : « Quand vous verrez Jérusalem encerclée par des armées… ». À partir d’avril 70, les légions commencent à reprendre la ville aux insurgés, plus désunis que jamais (les plus fanatiques se battront même entre eux, comme le font les jihadistes d’aujourd’hui). En août, les derniers illuminés se retranchent autour du temple, qui prend feu (par accident, selon Flavius Josèphe). La défaite est consommée, hormis l’épisode de la place forte de Massada, prise 3 ans plus tard.

    Peu après la reprise en main de la ville par les Romains, les judéo-chrétiens y reviennent, ainsi que les habitants qui n’avaient pas pris part à la guerre et avaient quitté Jérusalem à temps. La vie y reprend, la ville n’ayant pas été trop abîmée. Mais le temple, le lieu de la présence de Dieu, de son culte et des sacrifices a été détruit et mis à sac. Et parce qu’il était devenu un symbole du nationalisme juif, les Romains ne veulent pas qu’il soit rebâti. Les royaumes et gouvernorats d’Israël perdent toute autonomie politique et deviennent la province impériale de Judée. La perte du temple en particulier représente le cataclysme des cataclysmes aux yeux des Juifs non chrétiens. Ils la pleurent aujourd’hui encore, notamment devant le Mur des Lamentations. Cette catastrophe saisit et transforme les différents courants religieux qui s’opposaient depuis la prédication de Jésus et de ses apôtres.

    Que devient le christianisme ? Aux yeux des chrétiens, cette perte a amené à tourner définitivement la page du lieu ancien de la présence de Dieu. « L’alliance nouvelle » voulue par Jésus et prédite par les prophètes doit s’étendre à l’humanité entière. Dans cette alliance ouverte désormais à tous, les Juifs chrétiens ont un rôle spécial à y jouer, en tant qu’ossature de ce nouveau « corps ». Ils ne sont plus séparés des autres par les impitoyables lois de pureté et d’impureté. Ainsi, les Eglises fondées par les apôtres à Rome, dans tout l’Orient et dans le monde, se développent-elles dans la continuité et l’accomplissement de l’Israël historique – telle est la conviction de toutes les communautés ecclésiales apostoliques.

    Que deviennent les Juifs non chrétiens ? Alors que le rêve national a été écrasé par la puissance romaine, ils se retrouvent ébranlés dans leurs espérances, privés de temple et de culte, privés de grand-prêtre et de toute la caste des prêtres, massacrée ou en fuite, et interpellés au plus profond par l’adhésion au message chrétien de très nombreux Juifs. Il ne leur reste que les textes sacrés, l’application de la « Loi » et les liturgies hebdomadaires en petits groupes ... ou alors à s’investir dans de nouveaux projets politico-religieux délirants et plus radicaux encore : un second affrontement avec les Romains va éclater en Judée en 132, après une succession d’émeutes et de révoltes en 115-117 (guerre de Kitos), nourries par la diaspora de l’empire Parthe puis dans tout l’Orient. Le messianisme de cette seconde guerre judéo-romaine est encore plus affirmé que celui qui a mené à la destruction du temple 62 ans plus tôt : Bar Kochba, son instigateur et chef est considéré comme le « vrai messie » par ses partisans juifs, celui qui restaurera un Etat juif en Judée et rétablira le temple. Elle montre un caractère anti-judéo-chrétien plus marqué encore, puisque Bar Kochba ira jusqu’à crucifier des chrétiens. Cette « deuxième guerre juive », financée par les Parthes, sera encore plus meurtrière que la première et ses conséquences seront terribles : elle conduira au ravage de la terre sacrée d’Israël du fait de la tactique de terre brûlée employée par les Romains et à l’expulsion définitive des Juifs de Jérusalem qui sera rasée en 135 (et reconstruite à la romaine, un temple dédié à Jupiter s’élevant alors à la place de l’ancien temple). Jérusalem est alors interdite aux Juifs sous peine de mort. Face à cela, les Juifs non chrétiens se polarisent peu à peu autour de deux groupes.

    Le premier et le plus important est celui du courant pharisien, qui se réorganise à Yavneh à partir de la fin du premier siècle, puis à Babylone dans le monde parthe après la « deuxième guerre juive ». Privé de son culte, il accepte de façon plus ou moins résignée la fin de la religion du temple et des prêtres ; à sa place, ce sera celle des synagogues et des rabbins. Il se centre totalement sur la « Loi » et ses commentaires : c’est la réforme du judaïsme rabbinique. Le christianisme est très sévèrement condamné, la figure du rabbi Jésus est vilipendée ; son interprétation des textes anciens est refusée. Ce courant ira jusqu’à instaurer des prières quotidiennes de malédiction anti judéo-chrétienne. Au nom d’une loi orale ou « Torah orale », les interprétations anciennes des écritures saintes sont conservées ou changées selon les cas, ce qui va donner naissance d’abord à la Mishna, puis aux Talmuds dits de Jérusalem et de Babylone, qui sont des commentaires de cette Mishna. Ils seront mis par écrit respectivement au cours des 4e et 5e siècles et rejoindront la Torah et les autres livres au titre des écritures sacrées, en leur accaparant même la préséance (en les « recouvrant » - nous verrons par la suite combien ce détail aura de l’importance).



    Un autre groupe juif moins connu se centrera autour des familles sacerdotales qui, ne soutenant pas la première guerre juive, s’étaient repliées auprès des communautés juives de Crimée. Si le lien entre ce groupe et le futur Royaume Khazar (centré sur la Volga, au sud de la Russie actuelle) est très discuté, il est surtout un sujet délicat du fait que ce courant a longtemps rejeté les Talmuds. La Khazarie deviendra un empire qui durera jusqu’au 13e siècle, regroupant divers peuples dont les Khazars, d’origine mongole ; mais cet empire sera dirigé par des familles juives, ce qui explique l’adhésion de nombreux Khazars à son judaïsme officiel. La « conversion » des rois khazars au 7e siècle à un judaïsme non talmudique sorti de nulle part est une légende tardive destinée à occulter une réalité gênante : ces Khazars seraient essentiellement les ancêtres des Juifs ashkénazes (dont beaucoup sont aujourd’hui en Israël). Laissons ces débats hypersensibles et retenons que l’habitude qui consiste à parler du judaïsme comme d’une réalité homogène au long de l’histoire du peuple hébreu, avant, pendant et après le temps de Jésus, et comme d’une réalité extérieure au christianisme, est une insulte à l’histoire.

    Judaïsme(s) et christianisme ne sont cependant pas les seuls courants ayant émergé dans l’histoire concomitamment à ces événements. Suite à la prédication de Jésus et de ses apôtres, aux morts et destructions liés aux guerres juives des phénomènes post-chrétiens vont se structurer et contrefaire systématiquement le message apostolique pour s’en accaparer la force et en tirer des bénéfices.
    avatar
    Erdnaxel
    Admin

    Messages : 208
    Date d'inscription : 20/11/2016

    Re: Le grand secret de l'islam

    Message par Erdnaxel le Jeu 24 Nov - 1:45

    Les phénomènes post-chrétiens

    Revenons un peu en arrière. Nous avons vu combien le message apporté par les apôtres remuait profondément l’être humain. Il fera bientôt l’objet de convoitises, spécialement après la destruction du temple, période où la quête de sens n’a jamais été aussi forte. L’image du « sauveur », le « Messie Jésus » est récupérée et contrefaite : le sauveur de l’humanité ne sera plus lui, mais ceux qui prétendent l’être à sa place, si ce n’est en son nom. C’est là un trait majeur des phénomènes post-chrétiens que de toujours prétendre posséder la véritable interprétation du message chrétien (que les chrétiens auraient corrompue à la suite des apôtres). Deux mouvements post-chrétiens se sont façonnés ainsi vers la fin du premier siècle. Le second nous intéressera tout particulièrement, mais il convient de dire un mot du premier.

    Ce premier est constitué des courants gnostiques, qu’on désigne souvent sous le terme générique de gnose (terme signifiant simplement la « connaissance » en grec, mais auquel les apologistes chrétiens grecs ont attaché le sens de contrefaçon de la foi). Selon l’évêque de Lyon Irénée († 202), ils ont une origine unique dans le dévoiement du message chrétien. En tout cas, ils recherchent tous des formes d’autoréalisation personnelle : je suis mon propre sauveur. Dans ce schéma, Jésus est celui qui a ouvert la voie, il n’est plus qu’un devancier. L’attrait de la gnose tient à ce qu’elle promet l’accès au divin, de manière directe, en dehors de l’histoire et de l’histoire d’un peuple en particulier. Jésus n’a-t-il pas promis à ses fidèles de les remplir chacun d’un esprit divin, un esprit de liberté, « l’Esprit Saint » ? Des phénomènes étonnants n’apparaissent-ils pas parfois au milieu des assemblées chrétiennes ? Cette volonté d’accaparer le divin va se décliner en de nombreux mouvements rivaux, parfois centrés sur des systèmes de pseudo connaissances, parfois centrés sur des pratiques magiques, mais exaltant toujours la liberté comme un absolu (la licence sexuelle étant souvent prônée comme une manière de s’auto-réaliser). Au point de vue de l’organisation, ces courants sont multiformes, allant d’une structure fondée sur quelques « gourous » imitant l’organisation chrétienne à des phénomènes de pensée idéologiques très construits.

    L’autre grande dérive post-chrétienne est le messianisme global : il s’agit de la volonté d’établir sur terre dès maintenant, ou dès demain, un salut collectif général. Cette volonté prendra au cours de l’histoire plusieurs formes, depuis l’idée première de vouloir établir le Royaume de Dieu sur la terre entière qui avait germé lorsque certains ont voulu s’accaparer les idées nouvelles prêchées par Jésus et ses apôtres. Quels que soient ses avatars concrets, cette volonté se justifie toujours par la prétention de détenir une révélation ou un programme, clef d’un avenir radieux et « clef de l’histoire ». Si cette dérive s’inspire de la possibilité d’un salut collectif prêché par les apôtres, elle s’inscrit totalement en rupture avec eux : ceux-ci n’ont pas avancé de recette politique pour établir un monde parfait sur la terre. Et si Jésus a laissé entrevoir un salut collectif, il le met toujours en rapport avec l’annonce de son propre retour, sa venue dans la gloire (au « Jour du Jugement »). Ceux qui croient en lui sont engagés à préparer ce retour, et, si leur action en ce monde peut porter des fruits de paix et de progrès, il ne s’agit cependant jamais que de préfigurations d’un royaume à venir, c’est-à-dire d’esquisses imparfaites et souvent éphémères d’une société à venir délivrée de l’emprise du mal. Pour les apôtres, et à leur suite pour les chrétiens, seul Dieu peut libérer du mal, pas l’homme, fût-il animé des meilleures intentions du monde. Encore faut-il accepter de faire confiance à Dieu et d’attendre l’accomplissement du temps actuel. C’est ce que refusent les messianistes : pas question d’attendre un hypothétique salut, il faut le construire ici et tout de suite.

    Le mouvement messianiste initial nait dans l’entourage des premières communautés judéo-chrétiennes, où certains, ayant reconnu Jésus comme le messie attendu par le peuple hébreu, n’ont pas accepté qu’il puisse se faire serviteur et mourir crucifié. Au contraire, ils n’ont jamais voulu renoncer à leurs interprétations des prophéties bibliques, escomptant que le messie se fasse roi, libère Israël de l’occupant romain et l’établisse au dessus des nations. Dans une vision du monde où le mal est assimilé au non respect de la loi juive, à l’impur, au non-juif, le dévoiement de l’idée de salut va assimiler la libération du mal à celle des impurs. Dans la même logique, la suprématie espérée pour Israël et promise par Dieu va être peu à peu dévoyée en un programme politico-religieux d’éradication des méchants, réalisé par Dieu lui même, par son messie, voire par ceux qui le feront en son nom.

    L’épisode de la destruction du temple de Jérusalem va jouer un rôle décisif dans la formation de ce mouvement messianiste. Il va travailler la foi de certains judéo-chrétiens, témoins de ces événements et frustrés de ne pas assister alors au retour annoncé du « Messie Jésus ». Il avait en effet prédit qu’il « relèverait le temple » : pourquoi le « Jour du Jugement » ne vient-il pas alors que les conditions en semblent toutes remplies ? Assurément, le temple a bel et bien été détruit, et les autorités du temple en ont été écartées. Les Romains ont en effet châtié les révoltés (notamment les zélotes) et les autorités du temple, qui s’étaient servi de Dieu à leurs fins et qui avaient tué le « Messie Jésus », Jacques le Juste et d’autres. Ces questions travaillent très fortement certains judéo-chrétiens et certains Juifs gravitant dans leur orbite ; les réponses qu’ils leur trouvent vont alimenter leur messianisme et contribuer à façonner leur programme politico-religieux.

    Parmi les Hébreux de Jérusalem, certains ont péri dans la première guerre juive, mais de nombreux autres ont pu s’échapper. En 68-69, souvenons nous que les Romains avaient en effet laissé les Juifs non combattants quitter Jérusalem, avant d’en faire le siège. Et parmi ces derniers, nous retrouvons les judéo-chrétiens, conduits par l’évêque Simon - et avec eux, à leurs côtés, des messianistes issus du creuset judéo-chrétien de Jérusalem. Ils partent ensemble en exil au nord, vers le plateau du Golan, en Syrie. La destruction du temple en 70 semble opérer un tri dans leurs rangs : après celle-ci, les Juifs « vraiment chrétiens », reviendront s’établir à Jérusalem, en Judée, et ailleurs. Mais certains irréductibles le refuseront et se sépareront à ce moment de la communauté chrétienne, en restant en exil et en y consommant leur rupture radicale du judéo-christianisme. Leur espérance du « Jour du Jugement » va se déployer en prenant une forme dramatique et même monstrueuse. Contre l’enseignement des apôtres (ils n’étaient même pas encore tous morts en ce temps là), ils se sont mis à imaginer un programme de salut du monde entier, à réaliser dans une perspective politico-religieuse - et donc guerrière. Un programme centré sur le « relèvement du temple » dont ils vont alors s’attribuer la responsabilité, à la place de ce qu’ils imaginaient être le rôle du « Messie Jésus ». Ces premiers « croyants » en une foi messianiste plénière furent ces ex-judéo-chrétiens qui ne revinrent pas en Judée après 70, qui se détournèrent de la foi des apôtres et qui se bâtirent leur propre vision du salut : dans cette vision, ils prenaient la place du « Sauveur » et se voyaient appelés à sauver et dominer le monde en en éradiquant les méchants. Ce sont les judéo-nazaréens.



    avatar
    Erdnaxel
    Admin

    Messages : 208
    Date d'inscription : 20/11/2016

    Re: Le grand secret de l'islam

    Message par Erdnaxel le Dim 27 Nov - 3:39

    Qui sont les judéo-nazaréens ?

    Les travaux historiques ont apporté une connaissance toujours plus fine de ce groupe si important par l’influence qu’il aura dès la fin du premier siècle dans des milieux et sous des formes très diverses. Groupe ethniquement juif (et de langue araméenne, comme les Hébreux), il s’est accaparé l’appellation de « nazaréen » (donc « judéo-nazaréen »). Ce nom avait été donné premièrement à Jésus lui-même selon ce qui se trouvait écrit au sommet de la croix (le titulus crucis), puis, durant très peu de temps, à ses disciples. En tant qu'il désigne ensuite un ou des groupes hébreux séparés des judéo-chrétiens, cette dénomination devint assez floue sous la plume des auteurs occidentaux antiques ; une désignation plus précise a été rendue nécessaire, celle de « judéo-nazaréens », ayant pour elle de rappeler l’origine lointainement judéenne de ce groupe. Il s’agit donc de Juifs messianistes, adeptes dévoyés des apôtres de Jésus, et qui n’ont vu dans la révélation judéo-chrétienne que le moyen de réaliser un rêve politico-religieux. Au fil de leur exil en Syrie, leur doctrine religieuse va se développer, se singulariser et finir par déclencher une cascade d’événements qui changeront la face du monde. Cette doctrine religieuse procédait d’un système élaboré de justification : les judéo-nazaréens se considèrent comme les vrais Juifs et comme les seuls vrais disciples de Jésus. En tant que Juifs, ils conservent scrupuleusement les coutumes et la loi ancestrale articulées dans la révérence aux écritures saintes, à la Torah. Ils conservent aussi la vénération du temple, bien que détruit pour le moment, la vénération de la terre promise et du peuple « ethnique » juif, du peuple élu par Dieu. Cette élection se ramène cependant à eux seuls, car ils se voient comme les seuls et véritables Juifs, dans la continuité de ce qu’ils sont « ethniquement », mais en s’inscrivant en opposition par rapport au mouvement pharisien qui donnera la réforme rabbinique que nous avons mentionnée. En effet, contrairement aux autres, ils ont reconnu en Jésus le messie annoncé par les écritures, venu pour libérer la terre sainte, rétablir la royauté, rétablir la vraie foi (en chassant les autorités juives corrompues par le truchement des Romains) et le vrai culte du temple (ce qu’il n’avait pu faire), bref, libérer et sauver le monde. Injustement condamné, il n’a pas été exécuté car il a été heureusement enlevé par Dieu vers le « Ciel » d’où il reviendra prendre la tête des armées le moment venu pour conclure sa mission. Ainsi adviendra la « royauté de Dieu sur la terre ». Ils veulent voir la preuve de la vérité de leur croyance et de la justesse de leurs reproches aux « Juifs infidèles » dans l’échec des folies insurrectionnelles successives contre les Romains et la destruction du temple de Jérusalem : Dieu a désavoué et châtié tous ces faux Juifs !

    Ils se considèrent aussi comme les vrais chrétiens face à tous ceux qui ont suivi les apôtres, en refusant de croire que Jésus a pu mourir crucifié (et ressusciter) et donc que la présence divine est vraiment en lui. Ils croient quant à eux que Jésus a été enlevé par Dieu, et attendent son retour. Cette réinterprétation du témoignage des apôtres nie donc que Jésus se soit « relevé d’entre les morts » (ce qui contredirait la prédiction de Jésus dans laquelle les judéo-nazaréens veulent croire à l’annonce d’une reconstruction physique du temple – cf. note 37). Ils accusent donc les judéo-chrétiens de s’être trompés, de s’être dévoyés. Ils disposaient pourtant du témoignage des apôtres : le recoupement des sources indique que l’évangile de leur liturgie était l’évangile de Matthieu, en araméen bien sûr (comme celui des judéo-chrétiens et de l’Eglise de l’Orient assyro chaldéenne jusqu’à nos jours). Ils lui ont toutefois fait subir les retouches propres à fonder leur doctrine. Car bien entendu, ni dans cet évangile tel qu’il a été conservé par les judéo-chrétiens, ni dans les trois autres, n’est attendu un messie qui reviendrait « terminer le travail » qu’il n’avait pas pu mener à bien à cause de l’opposition du pouvoir religieux du temple : à savoir reconstruire le temple, prendre la tête des armées constituées par les vrais croyants, les élus, pour vaincre les forces du mal et établir définitivement le royaume de justice et de félicité sur la terre.

    Ce dont témoigne le Nouveau Testament, dont font partie les quatre évangiles, c’est l’espérance des apôtres en une « venue glorieuse » de Jésus. Il ne s’agit justement pas d’une venue sur terre mais au-dessus et partout, de manière à être vue par tous. Les circonstances d’un tel événement sont plutôt difficiles à imaginer, mais le rapport avec un « jugement » apparaît évident : dans la perspective des apôtres, la confrontation à cette vision impossible à nier amènera chacun à prendre position, et dès lors à être jugé par le « juste juge » qu’est Jésus. Bien entendu, les judéonazaréens nient fondamentalement la dimension divine de Jésus. Ils accusent les judéo-chrétiens d’avoir « associé » à Dieu un Fils et un Esprit Saint. Au contraire, ils affirment : « Je témoigne de ce que Dieu est un et il n’y a pas de dieu excepté lui » ! La distance est donc énorme entre ce que les apôtres ont enseigné et la contrefaçon messianiste que les judéo-nazaréens en ont faite. Et il apparaît déjà une certaine parenté entre cette contrefaçon et ce qu’affirmera la profession de foi musulmane ...

    Vrais Juifs et vrais chrétiens, les judéo-nazaréens renvoient ainsi très habilement dos à dos les Juifs rabbiniques et les chrétiens, en se plaçant au dessus d’eux. Vrais Juifs et vrais chrétiens, ils se considèrent comme les héritiers uniques et véritables d’Abraham, les « purs ». Leur installation en Syrie, sur le plateau du Golan, puis par la suite jusqu’au Nord d’Alep - toujours à l’écart des païens et des impurs - est vécue comme une forme de nouvel exode au désert. A l’image du peuple hébreu sortant d’Egypte et conduit par Moïse, il s’agit d’un temps de purification et de préparation. Le vin sera ainsi interdit à tous les consacrés à Dieu jusqu’au jour du retour du Messie. Leurs « messes » seront célébrées par leurs prêtres avec de l’eau à la place du vin. C’est ainsi que Clément d’Alexandrie s’en prend au 3e siècle aux « hérétiques qui utilisent le pain et l’eau dans l’oblation, en dehors de la règle de l’Eglise. Car il en est qui célèbrent l’eucharistie avec de l’eau pure » (Stromates, I, 96).

    Se purifier soi-même n’est qu’un préalable dans le projet des judéonazaréens de purifier le monde pour le sauver de son mal et de son injustice. Leur « recette du monde parfait sur terre » inclut la reconquête et la purification de la terre sacrée (Israël), de la ville sacrée (Jérusalem), pour que les purs puissent accéder aux lieux saints, rebâtir le temple saint dans les conditions de pureté requises et y réaliser les rites et sacrifices. C’est comme cela que sera alors provoqué le retour du messie. Et avec le messie à leur tête, les judéo-nazaréens sauveront le monde de son mal, de son injustice, contre lui-même s’il le faut. Dans cette vision, on voit que s’affrontent deux parties de l’humanité : celle qui travaille au salut et celle qui s’y oppose. Les purs et les impurs. A l’aune de cette vision idéologique, de cette surréalité, la morale se transforme : est jugé bon, juste, vrai, noble tout ce qui contribue au projet ; est jugé mauvais, exécrable, blâmable, faux, à anéantir tout ce qui y fait obstacle. Est également jugé mauvais tout ce qui dévie du projet. Les femmes, par exemple, considérées comme tentatrices, détourneraient les justes de leur combat. On imagine quel sera donc leur statut et la sujétion qu’il faudra leur imposer43. De la même manière, tout mouvement divergeant de la foi pure, toute pensée dissidente sont donc à combattre absolument. Et au-delà, cette conception messianiste du monde nourrit un système d’autojustification particulièrement pervers : « Je suis pur dans un monde impur, de fait il attente à ma pureté et je suis donc sa victime, je dois purifier le monde mais il me résiste - c’est la preuve de son impureté et de ma pureté ». C’est la caractéristique même de la schizophrénie : refuser la réalité, s’enfermer dans un monde imaginaire, refouler le réel, ce qui ne peut qu’aboutir à des délires violents de persécution.

    Les judéo-nazaréens (également nommés ébionites, comme leurs détracteurs chrétiens les ont appelés dans les premiers siècles) observent alors la marche du monde sous l’angle de leur doctrine : avant eux, un passé de ténèbres qui a rejeté les messagers de Dieu, demain un avenir radieux par le triomphe de la vraie religion (la leur), le redressement du temple et le retour sur terre du messie ; et en attendant, un temps présent hostile fait d’ennemis de la foi, de guerres et de conflits dont l’issue ne peut que les conforter dans leur croyance. Et effectivement, c’est ce qui se passe sous leurs yeux dans l’affrontement des Perses (Parthes) et des Romains. Les Juifs avec la réforme rabbinique ont horrifié les judéo-nazaréens : avec les talmuds, ils ont osé adjoindre aux écritures sacrées de nouveaux textes écrits de main d’homme. Ils ont osé remanier, dissimuler, recouvrir dans leur réforme certains textes anciens mentionnant le messie ! Après l’expulsion des Juifs par les Romains, même si nombre d’entre eux reviennent s’établir en Judée, leur centre de gravité s’est déplacé vers l’empire perse où ils étaient présents de très longue date. Ils y influencent les Perses dans leur lutte millénaire contre l’empire (gréco-)romain pour le contrôle du Moyen-Orient, au point que les judéo-nazaréens en viennent à les confondre. Le sanhédrin rabbinique s’est en effet installé en Perse au 3e siècle. Et en face des Perses, voici l’empire romain qui se christianise, qui représente l’hérésie chrétienne aux yeux des judéo-nazaréens (empire devenu l’empire byzantin après la partition de Dioclétien). Si les Juifs rabbiniques et les chrétiens, les deux ennemis de leur vraie religion, s’étripent sous leurs yeux dans des guerres incessantes et stériles, c’est bien que Dieu les y conduit. Voilà qui justifie davantage les judéo-nazaréens Et par-dessus le marché, pendant toutes ces années, les insurrections juives d’inspiration plus ou moins messianistes se succèdent (révolte de 351-353 en Galilée, sous Gallus César, révolte de 530 conduite par le faux messie Julien) et les tentatives de reconstruction du temple ne cessent d’échouer… Comme celle de 360-362 entreprise par l’empereur Julien l’Apostat qui avait pris les Juifs rabbiniques sous son aile. Elles ne font que conforter les judéo-nazaréens : eux seuls pourront libérer la Terre et Jérusalem, eux seuls pourront relever le temple.



    avatar
    Erdnaxel
    Admin

    Messages : 208
    Date d'inscription : 20/11/2016

    Re: Le grand secret de l'islam

    Message par Erdnaxel le Mar 30 Mai - 13:56

    À LA CONQUÊTE DE JÉRUSALEM

    L’endoctrinement des Arabes

    Les judéo-nazaréens se sont lancés dans l’aventure de la conquête de Jérusalem, malgré leur petit nombre. L’Histoire conserve la trace d’une première tentative probable, entre 269 et 272, par l’enrôlement de la reine Zénobie de Palmyre, en Syrie. Son royaume avait su tirer profit des conflits perso-romains, notamment la défaite de l’empereur Valérien devant les Perses en 260. Elle se retrouvait en position de force après avoir battu Gallien, successeur de Valérien, qui souhaitait réduire l’ambitieuse reine de Palmyre. Les chroniques de l’époque nous racontent comment Zénobie avait été endoctrinée par un certain Paul d’Antioche. « Judaïsée » disent-les documents d’alors, selon le terme employé par les Pères de l’Eglise pour dénoncer la propagande ébionite ou judéo-nazaréenne. Curieux chrétien en effet que ce Paul, évêque déchu, excommunié pour une hérésie toute judéo-nazaréenne… Et voici Zénobie qui envahit tout le Moyen-Orient, dont la Judée, jusqu’en Egypte, pour finir par être contrecarrée par l’empereur Aurélien. Il la chassera même de Palmyre en 272, l’emmenant à Rome comme captive. Et l’on n’entendra plus parler de cet évêque hérétique, opposé la foi des apôtres. Cette tentative très probable de contrôle de la « Terre » par les judéo-nazaréens leur aura montré malgré son échec qu’ils peuvent s’appuyer sur des supplétifs arabes locaux, combattants mobiles fort efficaces contre la lourde armée romaine. Fort efficaces si l’on parvient à les motiver suffisamment, puisqu’il semble bien qu’Aurélien ait réussi à en retourner certains en les soudoyant. Il faudra donc leur donner des convictions autrement plus profondes, un véritable endoctrinement pour qu’ils puissent constituer des alliés solides. Les judéo-nazaréens sauront retenir la leçon.



    Nous sommes maintenant au 6e siècle. Intéressons nous aux groupes de judéo-nazaréens établis depuis longtemps en Syrie. Les découvertes archéologiques et les études historiques permettent de localiser leurs foyers d’habitat, comme par exemple l’étude des toponymes de Syrie qui ont conservé la mémoire des anciens habitants judéo-nazaréens. Des noms encore en usage aujourd’hui comme « Nasiriyé », « Ansariyé », « Wadi an Nasara » (« l’oued des Nasara », c'est-à-dire des Nazaréens) ou encore les « Monts des Nosaïrïs » (Mont des Nazaréens) indiquent leur présence ancienne. Les fouilles archéologiques du village de Farj dans le Golan, révèlent dans son organisation la cohabitation entre des groupes judéo-nazaréens et des groupes arabes nomades. Pour le commerce, bien sûr, mais aussi pour la prédication et la pratique religieuse. Les judéo-nazaréens ont ainsi renoncé à leur isolement ethnique car ils ont un plan : persuader les tribus arabes nomades voisines de rentrer dans leur projet messianiste de reconquête de Jérusalem et de la « terre promise ». Tant pis pour leur « non-judéité », le projet prime, et en ces temps d’affaiblissement de la puissance romaine (désormais de la puissance byzantine), il semble plus que jamais à portée de main. Ce sera d’autant plus simple que ces tribus christianisées de fraîche date (5e et 6e siècles) n’ont pas encore des convictions très profondes en la matière. Tout juste ont-elles mis fin à leurs coutumes de pillages et de razzias dont les chroniqueurs ont conservé la trace. Les Byzantins s’appuient d’ailleurs sur elles comme relais pour le contrôle de l’empire. Parmi ces groupes mixtes, l’un en particulier attire l’attention : à 30 km au Nord Est de Lattaquié (aujourd’hui Al Ladiquiyah), on trouvait encore vers 1920 les ruines d’un caravansérail, c'est-à-dire la base d’une tribu de nomades commerçants caravaniers. C’était « Qurays », ou plutôt « Han al Quraysiy », le caravansérail des Qurays, encore mentionné dans la carte de Syrie réalisée en 1927 par René Dussaud sous le nom de Khân el-Qurashiyé (à voir en page suivante), situé au bord de la rivière Nahr al Quraysiy. C’est le point d’ancrage de la tribu de Quraysh, des Qoréchites, dont présence dans la région est attestée jusqu’à nos jours. Avant de s’installer dans le Nord de la Syrie, ces Qoréchites sont signalés plus en Orient par le chroniqueur syrien Narsaï de Nisibe. Il se plaignait en effet dans ses chroniques de 485 des terribles razzias lancées par cette tribu, de leurs pillages et destructions, dont notamment un raid « plus cruel que la famine ». Leur christianisation semble les avoir apaisés, et intégrés dans le jeu du commerce de la route de la soie, ce qui explique l’implantation toute proche du port de Lattaquié de leur caravansérail. Mais cette christianisation toute fraîche, au-delà de leur pacification, en a aussi fait un terreau fertile pour le projet d’endoctrinement judéo-nazaréen.


    avatar
    Erdnaxel
    Admin

    Messages : 208
    Date d'inscription : 20/11/2016

    Re: Le grand secret de l'islam

    Message par Erdnaxel le Mar 30 Mai - 14:14

    Comment les judéo-nazaréens s’y sont pris ? Voici leur thème principal de prédication pour gagner les Arabes à leur cause : « Nous, judéo-nazaréens, sommes Juifs, descendants d’Abraham par son fils Isaac. Vous, Arabes, êtes descendants d’Abraham par Ismaël. Nous partageons donc le même illustre ancêtre, qui se trouve être le fondateur de la vraie religion. Nous sommes cousins, nous sommes frères. Nous formons une même communauté, une même « oumma », nous devons donc partager la même vraie religion. Nous devons obéir aux mêmes lois issues des textes sacrés reçus de Moïse, la Torah (celle conservée au sein du milieu judéo-nazaréen, ce qui l’a peut-être fait évoluer différemment de celle des Juifs rabbiniques). Nous devons obéir aux commandements du Messie-Jésus, à l’évangile (le primo-évangile selon Matthieu, conservé et modifié par les judéo-nazaréens, comme on l’a vu précédemment). Nous devons donc porter le même projet de conquête de la terre promise, de Jérusalem et de relèvement du temple. Vous, Arabes, devez donc nous faire allégeance, à nous vos cousins par le sang, à nous vos frères aînés dans la vraie religion. Et alors nous vous conduirons, et ensemble nous pourrons sauver le monde, en faisant revenir Jésus sur terre, qui y éradiquera le mal, à la tête de nos armées. Et son retour fera de nous, fils d’Isaac, et de vous, fils d’Ismaël, ses élus dans son nouveau royaume, son bras armé. » Voici une formidable promesse messianiste : faire allégeance aux judéo-nazaréens, adhérer au projet, c’est devenir soi-même un pur, un élu, en vue d’une rétribution toute terrestre, toute accessible dans le nouveau royaume du messie. Et au passage, sans doute, accumuler le butin au fil des conquêtes qui doivent mener jusqu’à Jérusalem.

    Oumma/umma (définition Larousse)
    "La communauté des musulmans, l'ensemble des musulmans du monde. (Cette notion marque le dépassement des appartenances tribales et ethniques, puis nationales, au profit de l'appartenance religieuse.)"

    A cette fin, les propagandistes judéonazaréens, Juifs de langue syro-araméenne, dont beaucoup connaissent l’hébreu liturgique, ont expliqué leurs textes aux Arabes. Plus encore, ils ont formé des prédicateurs arabes, traduit leurs textes en arabe et les leur ont appris. Pour cela, ils ont réalisé pour eux de petits manuels, des florilèges des principaux textes de leur Torah, de leur évangile, de leurs coutumes, de leurs lois, de leurs rites de pureté, de leur circoncision ... Il fallait en effet des aide-mémoire à cette époque où l’enseignement était essentiellement su et transmis par cœur : les aide-mémoires capitaux ont été constitués par des traductions en arabe des lectionnaires utilisés par les judéo-nazaréens eux-mêmes. Un lectionnaire est un livre liturgique qui présente des lectures et commentaires de textes sacrés, comme en ont toujours les chrétiens. Le lectionnaire judéo-nazaréen présentait donc des extraits de la Bible, ancien et nouveau testament – du moins ce que les judéo-nazaréens en acceptaient - en fonction du calendrier (samedi, dimanche, jours de fête). En langue syro-araméenne, les chrétiens appelaient ce lectionnaire « qor’ôno » (ce qui se transpose en arabe par « qur’ân », c'est-à-dire « coran »). S’est donc constitué un ensemble de prédications diverses et de lectures saintes, certaines bénéficiant d’une mise par écrit comme aide mémoire (nous verrons quelle sera l’importance capitale de ces feuillets aide-mémoire par la suite). Cette propagande visait en particulier la foi chrétienne des Arabes en l’attaquant sous l’accusation d’associationnisme, c'est-à-dire en prétendant que les chrétiens donnent à Dieu des « adjoints » (la trinité).

    Abordons maintenant la figure de celui qui sera présenté comme le grand prophète de l’islam, connu comme « le Muhammad », le « béni », Mahomet, le chef de guerre des Arabes. L’histoire n’a pas retenu son nom véritable, hormis ce surnom dont nous verrons comment il lui a été donné.

    On ne sait rien de son année de naissance exacte, il a dû naître à la fin du 6e siècle, au sein de la tribu arabe des Qoréchites, implantée dans la région de Lattaquié en Syrie. Est-il né chrétien ou dans une famille déjà endoctrinée par les judéo-nazaréens, nous ne le savons pas de façon certaine (l’endoctrinement semble avoir débuté vers la fin du 6e siècle). L’histoire musulmane a conservé du milieu propagandiste dans lequel il baigna des figures de religieux judéo-nazaréens plus ou moins symboliques (Waraqa et Bahira notamment), certains associés à la ville de Bosra, située sur le chemin de Yathrib, la ville oasis d’Arabie, au sud du désert de Syrie, siège d’une importante communauté judéo-nazaréenne. De cette ville de Bosra est également originaire un Arabe converti au judéo-nazaréisme, Zayd Ibn Tabit (les traditions musulmanes disent qu’il a reçu un enseignement « juif » à Yathrib). Rompu à la lecture et l’écriture du syriaque et de l’hébreu, Zayd jouera un rôle important de lien entre les communautés judéo-nazaréennes et arabes.

    Fidèle à la tradition qoréchite, le jeune Muhammad est alors marchand, et trouve à s’employer auprès de Khadija, une riche veuve, convertie au judéo-nazaréisme, si ce n’est judéo-nazaréenne elle même. Elle est en effet la cousine du prêtre judéo-nazaréen Waraqa, dont certaines traditions islamiques affirment qu’il les mariera tous deux. Ce dernier, toujours célébré dans la mémoire musulmane, semble avoir joué un rôle éminent auprès de Muhammad. Nous ne savons pas clairement s’il était arabe ou juif ; il pouvait pourtant proclamer au nom des judéo-nazaréens « Nous sommes les Seigneurs des Arabes et leurs guides ». Il était sans doute né de mère arabe et de père judéo-nazaréen, et a pu ainsi constituer, encore plus que Zayd, un véritable pont entre les deux communautés : lettré, il pouvait transcrire l’hébreu en arabe. Le mariage avec Khadija semble avoir peu duré – évaluons sa durée à quatre ou cinq années puisqu’il donna quatre enfants à Muhammad (ses quatre filles), qui se retrouve rapidement veuf. Veuf, riche et disponible pour l’aventure de sa vie.



    avatar
    Erdnaxel
    Admin

    Messages : 208
    Date d'inscription : 20/11/2016

    Re: Le grand secret de l'islam

    Message par Erdnaxel le Ven 2 Juin - 0:20

    La prise ratée de Jérusalem

    L’Histoire vient frapper à la porte des Qoréchites et de leurs maîtres judéo-nazaréens. L’empire perse sassanide et l’empire byzantin sont engagés depuis longtemps dans une lutte sans fin pour la domination du Moyen-Orient. Et voici quelques années que les Perses gagnent du terrain et des batailles. Sentant la faiblesse du pouvoir byzantin et certainement poussés par certains Juifs de Perse animés d’un rêve nationaliste, ils tentent une offensive vers la Palestine. Ils ont notamment recruté pour cela des troupes supplétives, en particulier parmi les tribus arabes de tradition pillarde et mercenaire, et parmi les Juifs désireux de retrouver leur terre. Leurs armées s’avancent en Syrie. Damas, Apamée et Homs sont conquises en 613. Voilà l’occasion rêvée pour l‘oumma judéo-arabe de tenter une prise de pouvoir à Jérusalem. Ajoutons à cela que les chrétiens qui peuplaient la ville (pour l’essentiel) en interdisaient l’entrée aux pèlerinages des Juifs exilés – et donc certainement aussi à ceux des judéo-nazaréens. Un contingent composite arabe qoréchite et judéo-nazaréen va s’engager aux côtés des Perses parmi les troupes auxiliaires et partir à la conquête de la « Terre », sous le commandement du général perse Romizanès (surnommé Schahrbaraz, « le sanglier »). La Palestine, principalement habitée de chrétiens (dont de nombreux judéo-chrétiens), comporte aussi en son sein une minorité de Juifs rabbiniques. Parmi eux, nombreux seront ceux qui en profiteront pour se soulever contre les Byzantins, de mèche avec les Perses et les Juifs babyloniens, facilitant ainsi leur avancée. En avril 614, Jérusalem est encerclée, et à la faveur d’une nouvelle révolte des Juifs de Jérusalem, la ville tombe aux mains des assiégeants. On assiste alors à des massacres effroyables des populations chrétiennes locales. En les additionnant aux victimes de la bataille, du sac et de la destruction de la ville, des incendies des églises et des lieux saints chrétiens, on compte entre 17 000 et 60 000 victimes selon les sources60. Près de 35 000 chrétiens sont déportés ou réduits en esclavage.


    Les Perses confient le gouvernement de la ville aux Juifs locaux. Ils peuvent ainsi jouir à nouveau de l’esplanade du temple, qui n’était plus alors qu’un champ de ruines anciennes et nouvelles. Mais ils ne comprennent pas ce que ces autres Juifs, bien étranges avec leurs amis arabes, veulent faire sur leur esplanade. Car les judéo-nazaréens et leurs convertis ne sont pas venus à Jérusalem uniquement pour le butin : ils sont venus pour mener à bien leur projet de reconstruction du temple et de retour du messie. Et ils tentent d’imposer leurs vues face à leurs cousins Juifs rabbiniques. La querelle s’envenime, des rixes éclatent. Romizanès prend le parti des locaux, des Juifs rabbiniques sur qui il s’est appuyé pour prendre Jérusalem. Les judéo-nazaréens et leurs alliés arabes sont alors expulsés de Jérusalem et chassés de Palestine. Ils ne portaient déjà pas dans leur cœur les rabbiniques qu’ils accusaient d’avoir dévoyé, ou plus exactement recouvert, les écritures saintes (la Torah) avec l’ajout des talmuds. Voilà qui ne va certainement pas les porter à de meilleurs sentiments envers eux.
    Le retour en Syrie a du se révéler difficile pour la troupe d’Arabes qoréchites et leurs chefs religieux judéo-nazaréens. Comment réintégrer les villages, le caravansérail, la vie de la tribu et le train-train des caravanes alors que la ferveur religieuse a décuplé avec l’expédition perse ? Alors qu’ils avaient touché Jérusalem, et qu’il s’en était fallu de si peu qu’ils n’arrivent à faire revenir le messie ! Les Qoréchites restés au pays, simples commerçants caravaniers, les voyant ainsi revenir ont sans doute un peu de mal à comprendre et à accepter ces guerriers. Mahomet en renforcera sans doute d’autant sa position de chef politique et religieux des Arabes ralliés, sous la houlette des judéo-nazaréens. A ses fidèles Qoréchites de la première heure, ses compagnons de Jérusalem, s’ajoutent peu à peu d’autres membres des tribus voisines. Il joue ainsi à plein son rôle de courroie de transmission de l’endoctrinement auprès des Arabes christianisés, via Waraqa, appuyé par d’autres prédicateurs arabes « judéo-nazaréisés ». Les judéo-nazaréens mettent tous leurs espoirs dans cet endoctrinement : l’épisode de Jérusalem a bel et bien montré la pertinence de s’appuyer sur la force militaire des Arabes nomades. Leur objectif n’a jamais été si proche, il faut poursuivre cet endoctrinement. C’est sans doute à cette époque que le chef arabe gagne le surnom de Muhammad, latinisé en Mahometus, puis francisé en Mahomet. Les musulmans d’aujourd’hui veulent y voir le sens de « celui qui est digne de louanges », « le très loué ». Pourtant, le sens de ce surnom (le « très loué », le « béni ») se trouve déjà de nombreuses fois dans la bible (psaume 118, 26 : « Béni soit celui qui vient au nom de Dieu », acclamation messianique qui, selon les évangiles – cf. Mt. 21,9 - a salué l’arrivée de Jésus à Jérusalem, et se traduisant en arabe par « Muhammad rasul allah »). E-M. Gallez en propose ainsi une tout autre interprétation : Muhammad serait « l’homme des prédilections » (de Dieu), « l’homme qui désire plaire à Dieu », c'est-à-dire la reprise exacte du surnom donné au prophète juif Daniel (cf. Daniel, 9,23-24) dans les textes prophétiques juifs eux-mêmes. Daniel, le dernier prophète juif avant Jésus, celui qui annonçait justement sa venue. A qui d’autre identifier Mahomet, le chef de guerre qui prêche et œuvre pour le retour imminent du « Messie Jésus » ?

    Contenu sponsorisé

    Re: Le grand secret de l'islam

    Message par Contenu sponsorisé


      La date/heure actuelle est Dim 25 Juin - 15:45